La gestion du stress

Comprendre le stress
Selon les experts, tout ce qui nous stimule et augmente notre niveau d’alerte est du stress. L’absence de stimulus comme chacun le sait, rend la vie prodigieusement ennuyeuse alors qu’une surabondance menace notre santé et notre bien-être. Comme nous sommes en partie responsables de notre stress, nous essayons tant bien que mal de maintenir un niveau de stimulation qui améliore notre qualité de vie. L’art de la gestion du stress repose sur ce constat.
Les 4 types de stress
1- Le stress de survie
Il se produit normalement lorsque nous sommes menacés ou que nous vivons une expérience désagréable ou un événement important. Lorsque notre cerveau détecte cette situation, il déclenche un phénomène organique bien connu : l’augmentation de notre taux d’adrénaline. Celle-ci engendre des changements physiologiques qui nous aideront à survivre, soit en combattant, soit en s’enfuyant.
Pour nous permettre d’accéder à plus de force, d’énergie et de résistance face à un grave danger, notre système mobilisera nos sucres. Il réduira aussi l’apport de sang vers notre peau et nos organes non essentiels à court terme afin de minimiser le saignement si nous sommes blessés dans un accident par exemple et afin de ne pas gaspiller notre énergie dans des fonctions immédiatement inutiles.
Cet état d’urgence déclenché par notre organisme est, souhaitons-le, fort rare. Mais à un degré moindre et dépendant de notre évaluation d’un événement, l’adrénaline génère d’autres effets. C’est le cas de l’athlète avant une compétition, du musicien avant un concert ou encore plus de l’individu qui a peur de parler en public et qui doit prononcer un discours. Selon niveau de son tract, il expérimentera généralement les effets suivants :
Positifs :
Éveil psychologique
État d’alerte
Prépare le corps à une haute activité
Négatifs :
Réduction du jugement,
Interférence avec le contrôle moteur et difficultés dans l’exécution de tâches complexes
Impression de papillons dans l’estomac
Problème de salive
Neuropsychologie au Photomaton
Dans ce dernier cas, le degré d’évaluation de l’importance d’un discours en public régule le niveau de stress et ses effets. En fait, c’est la peur de se rendre ridicule qui envenime notre jugement. Les animateurs débutants au micro et les animateurs les plus expérimentés qui affrontent un public en direct n’échappent pas à cette inquiétude.
Un conférencier nous fit un jour une étrange demande : nous lever, monter sur notre chaise, nous tourner vers notre voisin, poser la paume de notre main sur notre tête, étirer nos narines vers le haut avec les doigts, tirer la langue à intervalles rapides, émettre des cris de toutes sortes tout en regardant droit dans les yeux ce voisin ! Mon voisin n’était nul autre que le président de mon entreprise que je rencontrais pour la première fois. À mon grand étonnement, il s’est immédiatement exécuté et j’en ai fait de même. Nous étions complètement ridicules ! Après quelques secondes qui m’ont paru des heures, le conférencier a commandé l’arrêt de l’exercice et nous a demandé si nous étions toujours vivants ! Il nous a ainsi démontré que le ridicule ne tue pas !
Depuis ce temps, j’ai toujours dans mon porte-monnaie quelques photos prises dans un Photomaton sur lesquelles je figure dans la même position ridicule qui ne m’a pas tué ! Je les regarde avant chaque discours à prononcer et je suggère aux animateurs de faire la même chose. Je n’ai pas de recette à partager avec les animateurs dont le cerveau considère qu’une critique de leur émission est aussi grave qu’une arme pointée sur eux, et qui déclenche à chaque fois une réaction de leur organisme, épuisante pour eux et désagréable pour tout le monde (combattre ou s’enfuir).
2- Le stress interne
 Je ne suis pas psychologue et l’ampleur du stress lié à une approche anxieuse de la vie ainsi que des divers problèmes de comportement et de relationnel, me paraît complexe. Mais une vingtaine d’années d’observations des animateurs à la radio me permettent d’aborder deux caractéristiques récurrentes du stress dans ce secteur d’activités. Ces caractéristiques sont : le perfectionnisme et l’inquiétude.
Le perfectionnisme
Les objectifs que se fixent les perfectionnistes atteignent des niveaux souvent irréalistes. La recherche de la qualité et la gestion des détails sont tout à l’honneur du perfectionniste modéré, mais il en est autrement pour les excessifs. Car en plus du stress que cette vision leur crée dans l’action, le risque de développer des obsessions est élevé. La plus connue est celle de ne jamais commettre d’erreur. En ignorant le fait que chacun ait ses hauts et ses bas, la moindre erreur de leur part ou de celle des autres leur est totalement insupportable. Ce qui n’est pas le meilleur chemin pour les corriger et s’améliorer.
L’inquiétude
L’être humain est une créature fondamentalement inquiète. Je ne prétends pas que les animateurs radios le sont plus que la moyenne des gens, je ne fais que la liste des facteurs de l’incontrôlable qui semblent agir sur eux. Les conséquences en sont généralement le négativisme, la perte d’assurance, la perte de concentration et le manque d’énergie mentale.
Facteurs incontrôlables en radio
Tout ne se déroule pas comme ils le souhaitent !
La radio est un média évolutif qui dépend plus ou moins de l’actualité, des actions relatives à une stratégie globale et à un environnement concurrentiel. Il est étonnant de constater les réactions excessives des animateurs lorsque l’on modifie l’horaire de la grille par exemple, pour diffuser une émission spéciale en urgence.
Ce qui s’est produit dans le passé ne va pas nécessairement se reproduire à nouveau!
Les animateurs s’attachent aux histoires de la radio et croient parfois que le passé se reproduira tel quel dans le futur. Or, ils exercent un métier trop abstrait dans un média trop changeant pour que les lois immuables attachées à leur expérience s’appliquent.
Tous les problèmes ne naissent pas à l’extérieur !
C’est ce qui arrive aux animateurs trop angoissés. Les événements négatifs sont souvent causés par leur attitude négative.
Ils ne sont pas admirés et aimés de tous !
Certains n’ont pas compris que dans la vie, on ne peut pas plaire à tout le monde. Irréaliste, car on ne peut pas contrôler la pensée des autres.
Leur futur est incertain !
Lorsqu’ils affrontent une lacune d’informations ou reçoivent des instructions incohérentes, en d’autres termes, qu’ils ne possèdent pas suffisamment d’indices pour imaginer leur avenir, ils s’inquiètent !
3- Le stress environnemental
La radio n’a pas attendu la mode du zoning et du bureau commun pour accueillir l’animateur dans ses lieux. Lorsque celui-ci ne travaille pas en studio, il doit se contenter d’un espace commun qui est souvent insuffisant, envahi, bruyant ou désordonné. Pour le reste, ils ressemblent à tout le monde avec leur part de pression engendrée par les patrons, une mauvaise communication interne et un emploi précaire. Ajoutons d’éventuels problèmes familiaux, relationnels, financiers et de santé, et cela fait d’eux des êtres stressés normaux !
4- Le stress physique
La fatigue et le surmenage peuvent générer un stress à long terme. Mauvaise organisation, incapacité de se détendre, obsession du travail, manque de sommeil, les causes sont nombreuses. Les conséquences le sont tout autant. Au travail, les animateurs pris dans ce cercle vicieux, ne fonctionnent pas à pleine capacité, sont irritables et irréguliers. Et plus ça va mal au boulot, plus le stress augmente.
Les symptômes les plus connus du stress sont :

Confusion, incapacité de se concentrer ou de prendre des décisions.

Changements d’humeur, frustration, agressivité, indifférence, impatience.

Ils parlent trop vite ou trop fort.

Ils suréagissent et font plus d’erreurs, négligent leur apparence.
Essayer de gérer le stress!
Personne n’est exempt de cet état. Les animateurs évoluent dans une situation de stress continu. Ils doivent être à l’écoute de leurs sensations et prendre des décisions pour se mettre à l’abri de ce genre de menace. En Amérique, dans un contexte professionnel, on parle plus du « Burn out » que de la dépression. Ce mot désigne l’étape où la motivation et la performance disparaissent. Cela, lorsque l’épuisement émotionnel, psychologique ou physique survient à la suite d’une intense période de travail engagé et ce dans un environnement stressant. Le processus du « Burn out » est lent, sournois.
Pour une animatrice ou un animateur qui n’éprouve plus de plaisir dans ses activités à la radio, quelques possibilités :
Réévaluer ses objectifs de carrière.
Rationaliser les éléments frustrants.
Changer ses habitudes et renoncer à changer celles des autres.
Imaginer et proposer un nouveau concept d’émission.
Acquérir un nouveau savoir-faire.
Prendre de la distance envers les gens qui demandent trop d’énergie émotive au travail.
Examiner sa vie personnelle.
Entamer un nouvel art de vivre et manière de penser
Réaliser que les vacances ne font que déplacer le problème.
Trois options finales peuvent être examinées :
Envisager un changement de carrière au sein de la radio (passer de l’animation à l’opération par exemple).
Quitter sa radio pour une autre avec un nouveau défi.
Changer de métier.
Pour abaisser leur stress les professionnels :
Font de l’exercice, du sport.
Apprennent des techniques de relaxation.
Surveillent leur alimentation.
Pratiquent une technique de gestion de temps.
Ont un sommeil approprié.
Ils anticipent le stress en :
Se préparant (entraînement, répétition, visualisation).
Évitant les situations désagréables.
Réduisant l’importance des événements.
Réduisant l’incertain
Ce qu’ils ne font pas :
Se fier aux autres.
Agir comme des victimes.
Essayer de contrôler l’incontrôlable.
Essayer de créer un univers sans stress.
S’angoisser pour l’avenir.
Agir comme un requin.
Éviter la nouveauté.