Directeur des programmes

Idéalement, les directeurs des programmes doivent aménager l’antenne, mobiliser tous les membres de l’équipe, les encourager, les coacher, les critiquer et les corriger. Cela avec vision, créativité, stratégie, discipline, disponibilité et patience.

La réalité, c’est qu’ils ne sont ni meilleurs ni pires que tous ceux qui travaillent à la radio. Certains ont l’art d’irriter. Leurs victimes se plaignent du mensonge, du manque de prise de décision, du favoritisme, du manque d’écoute, de la rancune, de la rétention d’information, de l’incapacité de s’arrêter de parler, de l’inflexibilité, de l’égocentrisme, du manque d’objectivité et du rejet des blâmes sur les autres.

À un niveau stratégique, on pourrait ajouter la dépendance envers les experts et les consultants, la peur du risque, la capacité de rationaliser la stagnation, l’absence de vision, l’incompréhension des attentes du public, le manque d’implication dans les crises, le sens de la panique, la brusquerie du discours, l’incohérence des décisions, l’art de remettre à plus tard.

D’autres sont dotés d’une bonne habileté de communication et savent gérer les forces de chacun tout en créant une synergie d’équipe. La peur ne les freine pas dans leurs actions et ne les rend pas paranoïaques. Ils n’hésitent pas d’ailleurs à faciliter l’évolution de qui que ce soit en les aidant à apprendre plutôt qu’en donnant des leçons. Ils sont accessibles, enthousiasmes et courageux. Créatifs et inspirants, ils sont motivants pour l’individu et l’équipe. Ils manient les métaphores, les citations et leur sens de l’humour est original.

Et puis, il y a ceux qui sont tout cela à la fois et qui sont ou non, explicites quant à leur vulnérabilité et leurs défaillances. Dénominateur commun, leurs rapports avec les animateurs sont parfois particuliers.

-Tu n’es pas assez communicant ! Moi j’ai besoin de quelqu’un qui indique mes erreurs, qui me rappelle à l’ordre tu vois, qui me motive, tu vois !

-Oui je vois, tu as besoin d’un coach, nous devons être inséparables. Tu fais briller notre radio en parlant à l’antenne, moi je commente ta performance et je t’aide à évoluer pour que ailles au bout de toi-même, nous gagnons et nous perdons ensemble, c’est ça ?

-Tout à fait, il faut que tu me donnes ton feedback après chaque émission, tu vois ! Bon, je sais que je termine à 23h mais j’ai déjà eu un directeur des programmes qui passait 18h par jour à la station. C’était sa vie, il ne commettait jamais d’erreur, rien ne lui échappait, tu vois. C’est le meilleur DP que j’ai connu dans ce métier, il entrait dans le studio en pleine émission avec un : C’est quoi ce bordel ? Moi je tremblais de peur mais tu vois, je m’en rappelle encore.

Est-ce que l’on devient moins communicant à force d’entendre ces conneries ? Je n’en sais rien. Il est vrai qu’avec le temps et l’expérience, les directeurs des programmes ont moins envie de jouer au metteurs en scène du basique de l’animation radio. Ah, si on pouvait écouter ce que l’on pense avec ce que l’on dit :

-Je suis important, considère-moi comme tel. (Je suis le meilleur des pires.)

-C’est vrai que tu es important. (J’ai beaucoup d’autres choses importantes à faire.)

-Je n’aime pas que l’on me dicte quoi faire. (J’en ai vu passer des DP !)

-Voyons, il y a des règles à suivre dans cette radio. (Comment il me prend la tête celui-là.)

-On n’écoute même pas mon émission. (Moi non plus d’ailleurs.)

-Si, si on l’écoute ! (Je ne peux pas être en réunion et écouter en même temps.)

-On n’écoute pas mes nouvelles idées. (J’en ai eu une la semaine dernière, après tout.)

-Je te promets d’en tenir compte. (Commence par faire ce que l’on te demande.)

Je plaisante ! Cela n’arrive jamais. Tous les directeurs(trices) des programmes sont excellents et n’oseraient pas dialoguer avec arrière-pensées. L’animation est le futur de la radio, ils le savent !

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