Météo à la radio

Grand sujet de conversation dans les ascenseurs. La météo d’hier, d’aujourd’hui, de demain, du WE, des interminables journées de pluie, du crachin breton ou de la tempête de neige à Trois-Rivières, des inondations dans le sud, de la brise agréable aux tornades très désagréables, du réchauffement de la planète, d’El Nino ou des accords sur le protocole de Kyoto.

Les médias savent que c’est important pour nous. La presse quotidienne publie une jolie carte de prévisions en couleur et la télé nous hypnotise avec des histoires de haute et de basse pression et des animations graphiques en boucle. La radio tire bien son épingle du jeu puisqu’elle peut se mettre en mode radar-météo locale. Avec elle, la moindre évolution de la météo est à la portée de nos oreilles en temps réel.

Et puis le matin, c’est utile pour savoir comment s’habiller. Moi je m’y fie totalement. Je pourrais sortir à l’extérieur et constater le temps qu’il fait. Pas du tout, j’écoute la radio et j’attends patiemment le bulletin météo.

En 1998, j’ai échappé à la crise du verglas au Québec car j’étais à Paris et à la tempête de fin d’année en France car j’étais à Montréal. J’ai toutefois vécu la canicule de l’été 2003 à Paris et la vague de froid en janvier 2004 au Québec. De 40 à -40 degrés, il y a de quoi stresser la bête.

La météo est malheureusement devenue un automatisme à la radio. Pendant la canicule d’août 2003, aucune radio n’a encouragé les auditeurs français à aller voir la dame âgée du sixième étage afin de vérifier si elle avait besoin d’aide. Personne n’y a pensé. Également prisonnier d’un automatisme, je n’y ai pas pensé non plus, je l’admets. La radio s’est contentée, sourire en coin, de communiquer la météo. Pendant la vague de froid au Québec en janvier 2004, la radio a tout de même transmis le communiqué de presse d’Hydro-Québec afin d’engager les auditeurs à réduire leur consommation d’électricité aux heures de pointe. Pour le reste, même cas de figure qu’en France. Aucune sensibilité n’a été encouragée à l’égard des personnes âgées ou des sans-abris par -40 degrés.

La radio est comme ça. Elle banalise ses services fondamentaux et perd lentement sa connivence avec le public, sa quête du sens. Ne soyons pas trop injustes, les radios en régions savent se mobiliser pour aider la population en cas de coup dur, ce qui est moins le cas dans les grands centres urbains.

Mais au cours d’un bulletin météo en routine, qui pense à la mère de famille qui s’y fie le matin pour habiller son gamin ? Alors imaginez à +40 ou -40 degrés alors que la vie quotidienne des gens devient particulièrement pénible voire dangereuse, la radio sait-elle vraiment manier son patrimoine centenaire de média de masse ?

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