Les erreurs des animatrices et animateurs radio

La formule : je, me, moi

Beaucoup d’animateurs fabriquent cette énorme faute en cours de carrière, certains toute leur vie, sans comprendre qu’il faut atteindre le statut de grande vedette pour manier le « je » car il est utile pour se rendre vulnérable, ce que les auditeurs semblent apprécier. Mais dans la démarche gratuite la conséquence n’est pas la même.

L’excès du je n’est pas véritablement convivial. Il ne dégage pas l’impression que l’animateur est un lien entre un tas d’individus qui partagent leurs désirs, leurs souvenirs, leur humeur, leur vie quotidienne. La connivence voyage difficilement par le je !

La formule invariable

La meilleure manière de mesurer l’évolution et le travail de l’animateur, (parole d’un directeur des programmes), est d’inventorier régulièrement les formules utilisées lors de l’ouverture et de la fermeture de l’émission ainsi que celles qui sont employées lors de la présentation des titres musicaux, des informations et autres composantes de l’émission. Des animateurs répètent les mêmes formules pendant 10 ans et même 20 ans. L’expérience engendre l’habileté qui devient stérile si on l’associe à un petit répertoire récurrent. L’habitude et la routine peuvent s’avérer pour une catégorie d’auditeurs des qualités réconfortantes. Soit, mais pour l’animateur, cela peut mener à un lent phénomène d’érosion.

La formule mathématique

Lorsque les animateurs ou les journalistes submergent les auditeurs de chiffres, je ne suis pas assuré de leur évaluation sur la portée de ces chiffres. Concernant les résultats d’un sondage par exemple, ils sont capables de nous mitrailler d’abondants pourcentages. C’est dommage car nous ne retenons rien. D’une part, nous mémorisons peu les propos de la radio, d’autre part, nous ne sommes pas dans des dispositions pour calculer. C’est un détail de seconde importance, mais lorsqu’un animateur nous parle de l’année de naissance d’un artiste, il nous oblige à calculer alors qu’il pourrait très bien nous dire simplement son âge.

La formule incomplète

Il s’agit de l’art de nous offrir une partie d’une information pratique. Il y manque toujours un élément dont nous avons besoin pour que cela nous soit utile.

La formule imprécise

Manque de rigueur et de justesse dans les propos. Beaucoup d’animateurs remarquent ce qu’il y a aux infos (radio, télévision, presse), réfléchissent rapidement, prennent la première idée qui leur vient à l’esprit et la balance à l’antenne.

La formule lointaine

« Ne ratez pas dans 3 semaines une émission spéciale sur… » « Le festival de … dans 2 mois » « Ne ratez pas le bicentenaire de la ville l’an prochain» Beaucoup d’événements se dérouleront dans 3 semaines ou deux mois et il est clair que l’auditeur oubliera une telle annonce. À ce propos, la télévision donne une leçon à la radio depuis belle lurette car ses rendez-vous les plus lointains sont à une semaine au plus. Elle a l’image pour amplifier la mémorisation des téléspectateurs captifs. À la radio, peu de gens admettent qu’un rendez-vous de trois jours est limite. Il est vrai que la structure des partenariats, en promotion par exemple, est calquée sur celle des campagnes publicitaires à la radio et que la tradition n’est pas facile à remettre en question. Contrairement à un annonceur qui fait de l’image sur une antenne ou qui cherche à augmenter son achalandage, les radios cherchent à améliorer leur durée d’écoute. Elles aménagent en conséquence des rendez-vous à leur antenne pour pousser l’auditeur à écouter plus longtemps ou à réécouter l’antenne un autre jour. Cet autre jour, selon moi, c’est demain, et si l’événement est exceptionnel, disons après-demain. Soyons réalistes, tout est lié à la mémoire à court terme de l’auditeur, abstraction faite de la qualité des propos.

Les formules qui excluent l’auditeur

Voici un sujet sur lequel les auditeurs n’hésitent pas à se prononcer. Cela ressort à chaque enquête sur l’animation radio. C’est clair, ils n’aiment pas être exclus. On entend parfois, et ce depuis fort longtemps, des animateurs qui rient sans raison, c’est du moins notre perception. Ou bien c’est une manie de débutant pour partager sa bonne humeur ou bien il s’est déroulé quelque chose de drôle en studio sans que l’on ne prenne la peine de nous expliquer. La pire situation se produit lorsque deux animateurs se parlent à l’antenne. Ils savent un tas de choses l’un sur l’autre que nous ne connaissons pas et ils en profitent à fond. On ne peut comprendre tout ce qu’ils racontent parce que leur complicité dépend de faits qui nous sont inconnus. C’est aussi frustrant que de se retrouver à un dîner entre des scientifiques en physique nucléaire qui racontent une anecdote de laboratoire.

La formule de l’acquis

On constate fréquemment sur les antennes radio que les animateurs croient que nous écoutons leur émission du début à la fin, surtout ceux qui font également de la télévision. C’est surtout valable lors d’un dialogue, d’une interview, d’un jeu en deux séquences par exemple. C’est tellement agréable d’entendre : « Si vous venez de vous joindre à nous, nous sommes en compagnie de ». L’impression est nette, on tient compte de ceux qui viennent de se mettre à l’écoute. Les animateurs qui nomment leurs collègues animateurs par le prénom prennent pour acquis que nous connaissons leurs noms. Les auditeurs ne connaissent généralement pas le titre des émissions, le principe des jeux. Ils ne se rappellent même pas des noms.

Toutes les enquêtes que j’ai analysées à cet égard sont presque déprimantes. Les gens ont peine à citer spontanément le nom des animateurs radio. Et lorsqu’ils le font, ils confondent souvent les personnes. Ils vous parlent de choses qui n’existent plus depuis 6 mois en affirmant l’avoir entendu récemment.

La formule nostalgique

La radio aime le souvenir, c’est une valeur sûre en musique. Quelques animateurs fabriquent encore des interventions avec le saint du jour, l’anniversaire de naissance ou de décès des personnages célèbres et, bien sûr, avec les éphémérides. Pourquoi pas, mais parfois c’est trop et c’est surtout un peu facile ! Entendre encore aujourd’hui la blague : « Prière d’envoyer la photo du tracteur », interpelle !

D’autres animateurs considèrent que chaque génération deviendra un jour une génération souvenir, alors ils archivent. Ils seront ainsi en mesure de manier le souvenir et ce, dans leur style. Enfin, il y a ceux qui possèdent une prodigieuse mémoire et échappent à la nostalgie ordinaire.

La formule lecture

Il s’agit de la lecture de communiqués tels quels ou de notes de préparation d’émission comme si un acteur nous faisait la lecture de son texte au théâtre. La lecture d’un animateur à l’antenne est assez facile à repérer pour un auditeur puisqu’elle affecte le côté naturel de la communication au point de réduire la force du rythme et la tonalité de la voix.

La formule obsolète

Cette impression de déjà entendue se produit lorsque l’animateur prépare son émission d’une manière isolée et n’est pas suffisamment au fait de l’actualité. Le meilleur exemple est l’animateur de l’après-midi qui n’a pas écouté sa radio de la journée et qui utilise une information dans la presse quotidienne servie par tous les animateurs qui l’ont précédé. Autre exemple : une information pigée dans un mensuel deux semaines après sa sortie sachant que la diffusion en a déjà été abondamment évoquée.

La formule déconnectée

C’est tout à fait courant d’entendre à la radio des invitations à noter des numéros de téléphones à des heures où nous écoutons en voiture. Très bien pour les contorsionnistes qui tiennent le volant et qui ne demandent pas mieux que de le lâcher pour noter ces numéros. Cela se produit lorsque les animateurs ne visualisent pas les modes d’écoute des auditeurs de la radio.

La formule chantée

C’est une vieille habitude qui dure et perdure à la radio. Vous êtes en train d’écouter la finale d’un titre musical que vous connaissez bien et que vous aimez, subitement vous entendez lalalahumhumhumlalala…et vous voilà public de la « ticocaco » préférée de quelques animateurs qui n’ont pas encore compris que parfois ça va, mais à chaque fois ça ne va pas !

La formule compartiment

C’est très émouvant d’entendre la finale d’un animateur qui termine son émission comme si la radio fermait ses portes pour une journée ou une semaine. C’est l’oeuvre du solitaire qui fait son émission et qui n’attache pas d’importance au reste. C’est en opposition à la synergie d’équipe radio que les auditeurs savent pourtant apprécier.

La formule plainte

Est-ce que cela vous dérange lorsqu’un animateur se plaint de la chaleur dans son studio ou de l’odeur de la peinture ou encore d’un disque dur qui dérape ? Je sais, vous avez aussi des problèmes de confort ou d’équipement, mais dans votre cas, vous n’avez pas de microphone pour le communiquer à la planète entière !

La formule quantitative

En communication, ce n’est pas la quantité qui compte mais la qualité. Malheureusement les débutants ont tendance à l’oublier et nous mitraillent de messages dans le message. Leur motivation : nous en donner pour notre argent. Alors chaque intervention est enrichie d’une multitude d’idées, de sujets et de détails que nous allons tous oublier !

La formule répétition

Quelque part, il y a un animateur (et je ne donnerai pas son nom !) qui est passé maître dans l’art de nous dire trois fois la même chose dans la même intervention. On croirait qu’il tient absolument à nous marquer l’esprit par la répétition. N’est-ce pas la technique de l’orateur qui souhaite que l’on retienne son message ? Peut-être, mais je crois que cet animateur n’a pas préparé son émission et cela ne plaide pas en faveur de la radio.

La formule non significative

Autre conséquence d’un manque de préparation, l’art de parler pour ne rien dire ! Et voilà que je vous l’annonce ce titre et voilà que je vous le désannonce et voilà que je le vous le ré annonce! L’idée, le sujet, la substance, la manière, la différence, l’émotion, voilà ce qui peut manquer dans ce cas. Les auditeurs trouvent à ce sujet que les animateurs parlent trop lorsqu’il y a peu « d’information » dans l’intervention.

La formule fatiguée

Il y a deux sortes d’abus inacceptables. Le premier est d’utiliser l’antenne pour régler ses comptes avec la direction ou avec une personne spécifique de la direction. Cela se produit parfois. En général, c’est au cours d’un processus de bris de contrat que l’animateur orgueilleux ou naïf va tenter de prendre les auditeurs à témoin pour renverser une décision en attribuant au responsable tous les torts, et ce dans le dessein de le discréditer. Cela crée un réel malaise à l’antenne et c’est pourquoi aujourd’hui beaucoup d’arrêts de travail d’animation sont annoncés avec effet immédiat sans retour à l’antenne. Heureusement, il y a aussi beaucoup de professionnels avec qui il n’est pas ou il ne serait pas nécessaire d’avoir une attitude aussi radicale. L’autre abus concerne l’acceptation d’un petit cadeau en échange de mentions à l’antenne mais voilè un abus rare de nos jours !

Les acteurs, les danseurs, les musiciens et les humoristes peuvent offrir le même spectacle pendant des mois, voire des années. Lorsque vous assistez à leurs spectacles, vous avez la sensation que c’est leur première interprétation. Nous avons pourtant l’impression que des animateurs qui présentent un titre musical pour la centième fois, le font comme si c’était la centième fois. Il n’y a sans doute pas de lien entre les passions des uns et des autres.

La formule mauvaise technique du micro

L’effet « pof » est un mouvement d’air qui peut être bloqué par un écran ou la position en angle du micro mais on l’entend encore à la radio. Ceux qui parlent très près du micro recherchent l’effet d’intimité mais cet effet peut s’accompagner d’une augmentation de bruits de bouche. D’autres varient continuellement leur distance du micro sans scénario et cela peut mener à un inconfort d’écoute. Les gestes en radio sont nécessaires, on ne peut pas animer les mains liées ! Mais certains bougent trop et ne contrôlent pas leurs gestes.

La formule minimaliste

« Dans un petit instant, nous allons faire une petite pause puis au retour place à une belle petite chanson qui vous rappellera de bons petits souvenirs alors installez-vous sur vos petites fesses, ouvrez vos petites oreilles et fermez vos petits yeux. »

La formule métaphore unique

« La vie c’est comme une boîte de chocolats » dit la mère de Forest Gump. Si la vie est comme une boîte de chocolats, cela n’excuse pas les animateurs d’imager tous leurs sujets comme des chocolats. L’art de la métaphore consiste à créer des images différentes.

La formule abusive 

Il y a deux sortes d’abus inacceptables. Le premier est d’utiliser l’antenne pour régler ses comptes avec la direction ou avec une personne spécifique de la direction. Ne riez pas, cela s’est produit. En général, c’est au cours d’un processus de bris de contrat que l’animateur orgueilleux ou naïf va tenter de prendre les auditeurs à témoin pour renverser une décision en attribuant au responsable tous les torts, et ce dans le dessein de le discréditer. Cela crée un réel malaise à l’antenne et c’est pourquoi aujourd’hui beaucoup d’arrêts de travail d’animation sont annoncés avec effet immédiat sans retour à l’antenne. Heureusement, il y a aussi beaucoup de professionnels avec qui il n’est pas ou il ne serait pas nécessaire d’avoir une attitude aussi radicale. L’autre abus concerne l’acceptation d’un petit cadeau en échange de mentions à l’antenne mais c’est un abus rare de nos jours !

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