RENCONTRES DU PREMIER TYPE OU DE LA DEUXIÈME AMAZONE
- Par Lio Kiefer
- Publié 25/02/2009
Lio Kiefer
Depuis une vingtaine d’années, Lio Kiefer joue le radioteur avec une spécialité ; le voyage dans tous ses états…
Journaliste au Devoir et dans différentes publications au Québec et en Europe ainsi que chroniqueur et réalisateur de capsules voyages pour la TV, il est un électron libre qui pose des regards subjectifs sur ce qui l’entoure…
Rien ne me paraît ressembler autant a un bordel qu’un musée… L’art est une forme d’exhibitionnisme, il participe a un désir de se mettre à nu. Les esthètes sont soit des voyeurs, soit des effeuilleurs…
Ces deux phrases relevées au cours de lectures passionnées dans le Dictionnaire de pensées totalement tordues sont en quelque sorte le sous-titrage d’une étude faite l’été il y a quelques années par l’institut romain de psychologie et qui démontre avec force que les musées se classent dans les meilleurs lieux de rencontres amoureuses.
Si on croit que les centres d’art, galeries ou autres relais de la culture sont simplement conçus pour les adeptes d’un délié pictural ou pour les maniaques d’un délire sculptural, on se trompe.
Les musées italiens ont la particularité de se pourvoir en zone érogène de notre inconscient séducteur. Cette étude prouve aussi que depuis l’Antiquité, les statues, tableaux et autres artefacts prêts a l’emploi ont toujours titillé les mécanismes d’intensité érotique et favorisé ce qu’appellent les psys Italiens, la séduction culturelle.
Avec plus de 20 rencontres pour 2000 visiteurs, les musées dépassent les traditionnels lieux de rencontres que sont les discothèques, (18% d’attouchements entre deux danses), les concerts (15% de frottements suivant le rythme), les navettes en bateau (12% de câlins pendant les escales), les stations-service sur l’autoroute ( 7% de tendresse a la pompe) et très loin devant les refuges de montagne ou simplement 2% de séducteurs a la grimpette facile arrivent à sortir le grand jeu entre le jeu de pattes d’un chamois et la vision idyllique d’un edelweiss entre les rochers.
Il n’y a que les plages (42% d’intensité manuelle privilégiée) et les trains (22% d’échanges sur rails) qui surpassent encore les musées.
On apprend également que certains attouchements, rencontres hâtives ou baisers flamboyants se pratiquent derrière les toiles et autres sculptures visitées. Cette situation favorable aux rencontres est principalement liée à l’état âme et au comportement contemplatif du visiteur de musée. L’œil serein, la bouche lascive, les jambes évasives, le dragueur de musée n’a pas a forcer la note. Il suffit de se laisser aller, de choisir ses œuvres, Michel-Ange, Fra Angelico, Titien et Boticelli faisant le reste…
Certains poussent même la pratique de leur art pour y repérer la pièce idéale de leur galerie de silhouettes cultivées par l’art ambiant.
Ils partent du principe que si une femme seule de tous âges est en errance un mardi après-midi cela indique qu’il n’y a pas spécialement un ami ou un copain qui les attend. Ensuite, ils se disent que sa seule présence dans un lieu si ciblé démontre chez la future encadrée, un signe de distinction culturelle qui la rapproche sans contredit vers les belles choses pour se cultiver. Enfin, dernier point important, les façons d’engager la conversation sont nombreuses : âge du peintre, influences de ce dernier, chaleur excessive du lieu, détail de la toile, proximité de la beauté… etc.…
Par contre, il est conseillé de fréquenter de petits établissements , car il est prouvé qu’il est plus difficile de susciter l’exception de sa personne ou de ses envies dans la foule des grands musées ou dans la folie inaugurale d’une grande galerie.
Les psys romains ont donc établi la liste transalpine des lieux ou les futurs émois peuvent se réaliser les yeux presque fermés : viennent en tête le Palais des Princes Doria a Gênes,
Dans la moiteur de vos prochaines vacances ou dans la quête insatiable de vos tableaux préférés, soyez maintenant a l’affût de toute rencontre, car comme disait Sartre :
L’artiste est un suspect.