- Accueil
- Animation Radio
- Les obstacles qu'affrontent les animatrices et les animateurs radio
Les obstacles qu'affrontent les animatrices et les animateurs radio
- Par Guy Banville
- Publié 10/12/2008
- Animation Radio
- Non évalué
Ils aimeraient faire un autre métier.
En 1997, au cours d'une convention d'animateurs, un jeune homme a pris la parole pour nous annoncer qu'il abandonnait son poste pour dorénavant agir à titre de maître de cérémonie de soirées et d'événements divers. Il s'est dirigé vers la sortie, nous a jeté un dernier regard et a quitté la salle de réunion. Nous ne l'avons jamais revu. Changer de métier est un acte courageux, ce qui l'est moins, c'est d'y rêver et de ne rien faire.
Ils n'ont aucun projet personnel.
Certains animateurs sont mariés avec leur radio. Les esprits conservateurs trouvent cela très bien. Comme si la dépendance envers ce seul univers pouvait être utile. J'y suis opposé. D'abord parce que vivre dans une bulle ne génère pas d'innovation réelle. Ensuite que cette façon de vivre peut éventuellement ne pas répondre à toutes les aspirations personnelles. On peut très bien avoir des projets personnels et être totalement dévoué à ses tâches professionnelles. Le travail n'est pas une religion, c'est une forme d'épanouissement qui complète la vie personnelle. Le sens de la rupture après le travail mène à l'équilibre. Un jour ou l'autre l'animateur qui n'a d'existence qu'à la radio et pour la radio deviendra frustré et désespéré. Il ne faut pas confondre cette notion avec la passion que l'on peut éprouver pour la radio
Ils se laissent vampiriser par les insatisfaits.
Les éternels insatisfaits habitent la même planète que les animateurs. Leur colonisation est amorcée depuis fort longtemps. Ils sont redoutablement efficaces. Ce ne sont pas des individus solitaires et introvertis. Bien au contraire, ils sont articulés, amusants et parfois très convaincants. Leur principe de base repose sur le fait qu'il y a toujours un mauvais côté des choses, une mauvaise intention quelque part ou un problème qui doit surgir dans toute situation. Ils commencent leurs phrases par « oui mais! » Comme ils déploient beaucoup d'énergie pour entretenir leur état d'esprit, ils pompent l'énergie de leur entourage. Les animateurs n'échappent pas à leur manoeuvre. Certains malheureusement perdent d'une part leur énergie et d'autre part se transforment lentement en éternels insatisfaits et ainsi contribuent à l'augmentation de la colonie des pessimistes qui ont peut-être raison mais qui à long terme n'auront pas autant de plaisir que les optimistes pendant leur carrière.
Ils se plaignent d'un manque d'attention des gens de leur radio.
C'est la plus grande revendication de tous les animateurs du monde entier. Sans essayer de justifier l'évolution du rôle de directeur des programmes vers une augmentation des tâches administratives, ni le fait que certains d'entre eux se lassent de répéter les mêmes choses à un animateur, il me paraît évident que face à ce problème ou à cette réalité, l'animateur doit acquérir une autonomie qui lui permet d'évoluer.
Ils sont inquiets pour leur avenir.
Ils ont raison d'être inquiets. Il n'y a rien de facile dans ce métier. Il s'agit d'un emploi où il n'est pas facile de voir à long terme. Les décisions concernant ces cachetiers sont malheureusement souvent arbitraires. L'inquiétude est pour l'artiste une force qui le pousse à se remettre en question. Le danger survient lorsque l'inquiétude n'est pas compensée par l'action.
Ils aimeraient accéder à un poste dans la gestion de la radio.
Si ce changement est alimenté par une réelle envie, c'est formidable ! Si c'est par désespoir, c'est moins formidable ! Le tout réside dans la capacité d'avoir ou non un regard global sur la radio et dans le sens de l'adaptation. Celui qui veut tout changer à la lumière de sa seule opinion est rapidement détecté. Celui qui veut enrichir le projet est mieux accueilli. Personnellement j'ai vu plus de réussites que d'échecs auprès de ceux qui ont essayé. Parmi ceux qui souhaitaient essayer mais qui ne l'ont jamais fait, se trouvent quelques « abandonnistes* ».
Ils n'écoutent pas leur radio.
Un animateur qui n'écoute pas sa radio est soit aspiré par sa seule émission comme précédemment décrit ou soit a baissé les bras pour ne pas dire les oreilles. Cela ne l'intéresse plus, tout simplement !