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Les erreurs des animatrices et animateurs radio
- Par Guy Banville
- Publié 10/12/2008
- Animation Radio
- Non évalué
Guy Banville
Avec des réalisations remarquées à son actif (CKMF Dance Music, Rock-Détente, Europe 2, CityRadio de Paris) Guy Banville accepte divers mandats de consultation en France et au Québec. En 2008, il crée et dirige une plateforme Web dédiée à l'histoire et aux actualités de la radio en articles, photo, vidéo et audio pour les gens de la radio francophone, http://Radioville.info
Voir tous les articles de Guy BanvilleLa formule : je, me, moi
Beaucoup d'animateurs fabriquent cette énorme faute en cours de carrière, certains toute leur vie, sans comprendre qu'il faut atteindre le statut de grande vedette pour manier le « je » car il est utile pour se rendre vulnérable, ce que les auditeurs semblent apprécier. Mais dans la démarche gratuite la conséquence n'est pas la même.
L'excès du je n'est pas véritablement convivial. Il ne dégage pas l'impression que l'animateur est un lien entre un tas d'individus qui partagent leurs désirs, leurs souvenirs, leur humeur, leur vie quotidienne. La connivence voyage difficilement par le je !
La formule invariable
La meilleure manière de mesurer l'évolution et le travail de l'animateur, (parole d'un directeur des programmes), est d'inventorier régulièrement les formules utilisées lors de l'ouverture et de la fermeture de l'émission ainsi que celles qui sont employées lors de la présentation des titres musicaux, des informations et autres composantes de l'émission. Des animateurs répètent les mêmes formules pendant 10 ans et même 20 ans. L'expérience engendre l'habileté qui devient stérile si on l'associe à un petit répertoire récurrent. L'habitude et la routine peuvent s'avérer pour une catégorie d'auditeurs des qualités réconfortantes. Soit, mais pour l'animateur, cela peut mener à un lent phénomène d'érosion.
La formule mathématique
Lorsque les animateurs ou les journalistes submergent les auditeurs de chiffres, je ne suis pas assuré de leur évaluation sur la portée de ces chiffres. Concernant les résultats d'un sondage par exemple, ils sont capables de nous mitrailler d'abondants pourcentages. C'est dommage car nous ne retenons rien. D'une part, nous mémorisons peu les propos de la radio, d'autre part, nous ne sommes pas dans des dispositions pour calculer. C'est un détail de seconde importance, mais lorsqu'un animateur nous parle de l'année de naissance d'un artiste, il nous oblige à calculer alors qu'il pourrait très bien nous dire simplement son âge.
La formule incomplète
Il s'agit de l'art de nous offrir une partie d'une information pratique. Il y manque toujours un élément dont nous avons besoin pour que cela nous soit utile.
La formule imprécise
Manque de rigueur et de justesse dans les propos. Beaucoup d'animateurs remarquent ce qu'il y a aux infos (radio, télévision, presse), réfléchissent rapidement, prennent la première idée qui leur vient à l'esprit et la balance à l'antenne.
La formule lointaine
« Ne ratez pas dans 3 semaines une émission spéciale sur... » « Le festival de ... dans 2 mois » « Ne ratez pas le bicentenaire de la ville l'an prochain» Beaucoup d'événements se dérouleront dans 3 semaines ou deux mois et il est clair que l'auditeur oubliera une telle annonce. À ce propos, la télévision donne une leçon à la radio depuis belle lurette car ses rendez-vous les plus lointains sont à une semaine au plus. Elle a l'image pour amplifier la mémorisation des téléspectateurs captifs. À la radio, peu de gens admettent qu'un rendez-vous de trois jours est limite. Il est vrai que la structure des partenariats, en promotion par exemple, est calquée sur celle des campagnes publicitaires à la radio et que la tradition n'est pas facile à remettre en question. Contrairement à un annonceur qui fait de l'image sur une antenne ou qui cherche à augmenter son achalandage, les radios cherchent à améliorer leur durée d'écoute. Elles aménagent en conséquence des rendez-vous à leur antenne pour pousser l'auditeur à écouter plus longtemps ou à réécouter l'antenne un autre jour. Cet autre jour, selon moi, c'est demain, et si l'événement est exceptionnel, disons après-demain. Soyons réalistes, tout est lié à la mémoire à court terme de l'auditeur, abstraction faite de la qualité des propos.
