À son passage à Tout le monde en parle (Radio-Canada), Marina Orsini a bien pris soin de mentionner le nom de son employeur Astral Radio RockDétente. La semaine dernière Jean-Michel Anctil a fait de même dans la même émission en ajoutant un beau plaidoyer en faveur de son métier d’animateur à la radio. Avec l’énorme auditoire de Tout le monde en parle, c’est toute une promo pour la radio! Auparavant les vedettes qui avaient une émission à la radio n’étaient pas obsédées par ces mentions, ce qui faisait rager les dirigeants radio. Ce problème est donc réglé.

Il y a une cinquantaine de vedettes de colonie artistique qui animent ou ont une chronique à la radio dans le marché montréalais. Même s’il n’y en a jamais eu autant, le phénomène n’est pas nouveau. CKAC, CJMS, CKVL  dans les années 70, CKOI et CKMF dans les années 80. En 1990, la radio RockDétente démarrait avec une toute autre approche en mettant en vedette sa musique. Ce n’est que 10 ans plus tard qu’elle a brisé cette règle qui lui a beaucoup rapporté en recrutant Véronique Cloutier. Le choix a été simple, avec le budget de communication (genre campagne d’affichage) on a privilégié une vedette et son capital d’attraction auprès de la population.

C’est sans doute  Rythme FM qui constitue le meilleur cas de figure au début des années 2000. Alors que sa concurrente RockDétente traversait une période instable suite à la transaction Télémédia et Astral Radio, Rythme FM s’est constituée une personnalité très attractive en recrutant une impressionnante pléiade de vedettes.  Au lancement de sa programmation de l’automne dernier, J’en ai compté 22 tous rôles confondus à l’antenne. C’est maintenant aussi  important pour les autres musicales RockDétente, Énergie et CKOI.

Le 20 novembre 2008, les radios montréalaises accèdent pour la première fois aux résultats de sondages avec la méthodologie PPM.  Vous pouvez lire notre article sur ces résultats en cliquant ici. Vous pouvez aussi lire un premier article sur le retour à la musique suite aux PPM. Ce que les radios constatent et continuent de constater depuis, c’est que la musique est le premier ingrédient qui plaît  à l’auditoire.  Les radios détectent  entre autres des irritants qui se produisent entre les pièces musicales et qui engendrent des abandonnistes  et cela, on n’aime pas tellement…

Les données sont suffisamment claires à cet égard. À tel point que l’on convoque les animatrices et les animateurs  (vedettes incluses) en groupe ou en rencontres individuelles afin de partager avec eux le constat. Afin surtout de leur demander de réduire la durée de leurs interventions et même de leur indiquer des sujets à occulter de leurs propos, ce qui pour certaines vedettes constitue une forme de censure et certainement une contrainte à laquelle elles ne sont pas habituées.

Parions qu’en cette période de planification budgétaire des radios, les débats intègreront les points suivants :

  • Nous sommes en crise économique
  • La radio Montréalaise a les plus hauts coûts de programmation au Québec à cause de ses vedettes.
  • La population écoute les radios musicales pour la musique.
  • Plusieurs vedettes sans les nommer n’ont pas la formation et la volonté pour ce que l’on appelle en  radio vendre la musique. Le More Music Less Talk n’est sans doute pas leur tasse de thé ce qui est normal. Reste leur notoriété qui devient un luxe.

Par conséquent, il est fortement possible que les radios musicales allègent leur écurie en mettant fin à des contrats couteux qui selon les PPM n’offre pas le retour à l’investissement souhaité.

Nous verrons tout cela à la fin de l’été lors des lancements de programmation d’automne.